José, on ne t’as pas entendu réagir suite à ta suspension effective depuis le 27/11/14, pourquoi ce silence ?
Non, en effet, je ne m’exprime que maintenant.Je ne pouvais guère le faire sur l’instant, du simple fait que je ne comprenais rien à cette affaire et à ce qui m’arrivait, alors que j’en étais le principal intéressé. Il convient, en premier lieu, de définir le cadre pour le moins atypique de ce dossier. Ce n’est en effet que le 13 décembre 2014 que j’ai reçu par lettre recommandée la décision de l’AFLD, par laquelle j’apprenais avoir été sanctionné de 3 ans de suspension. J’ai cru halluciner. Le contrôle antidopage litigieux avait en effet été réalisé le 08 septembre 2013, soit prés de 15 mois plus tôt.
J’ai donc dû chercher un avocat très spécialisé en ce domaine et il m’a fallu un certain temps. Et c’est celui-ci, Maître Stéphane MESONES, qui m’a fortement conseillé de garder grand silence dans un premier temps, tellement l’affaire lui est apparue invraisemblable. Il voulait tout d’abord approfondir les particularités du dossier sur lequel il m’a apporté tous les éclaircissements que je souhaitais.
Désormais, je peux en discuter en toute connaissance de cause.
On lit beaucoup de choses : refus de répondre aux convocations, de payer les tests, mutisme de ta part. Comment s’est déroulée la procédure pour toi, et pourquoi avoir réagi comme cela ?
On lit en effet beaucoup d’énormités, de contradictions et d’incohérences sur cette affaire. S’agissant de la rumeur qui a circulé, consistant à dire que j’ai refusé de répondre aux convocations, c’est absurde. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, je n’ai en effet été destinataire d’aucune convocation par l’AFLD pour l’audience au cours de laquelle j’ai été jugé. Il s’agit, ne serait-ce qu’à ce titre, d’une excessive violation des droits de la défense et du principe du contradictoire. Il est incroyable que la justice sportive antidopage puisse être rendue par un organe juridictionnel se croyant autorisé à être au-dessus des lois, et donc < hors la loi >. N’importe quel citoyen est en droit de pouvoir s’expliquer devant la justice de son pays sur les faits qui lui sont reprochés. Il est donc appelé à comparaître à une date d’audience qui lui est communiquée afin que les juges puissent l’entendre en ses explications.Sauf, si le justiciable demande au tribunal d’être jugé en son absence, après avoir reconnu les infractions poursuivies. Mais, dans mon affaire, ce n’est nullement le cas. Il est insoutenable qu’un sportif soit traité comme s’il appartenait à une caste au label de sous-citoyen. C’est une sorte de discrimination. Il a été aussi fait allusion que j’aurais refusé de payer les tests, mais, exeptée la contre-expertise dont il convient de régler les frais, et je n’ai pas refusé d’en honorer le montant, il n’y a aucun autre test à payer.
Finalement, toutes les folles rumeurs qui ont circulé sur cette affaire sont fausses. Chacun y est allé de son propre délire et d’insinuations les plus fantaisistes qui soient.
Qu’en est-il exactement quant à ce contrôle ? Visiblement les deux échantillons sont positifs, comment expliques-tu la présence de ce produit dans ton organisme ?
Et bien non, les 2 échantillons d’urine prélevés ne sont pas positifs.A cet égard aussi, je suis victime des insensées et insoutenables allégations et propos proférés à mon endroit. J’ai bien reçu le 5 octobre 2013 un courrier qui m’informait d’un résultat d’analyse, sur l’échantillon A, considéré comme < anormal >, sans que soit indiqué le terme positif, suite au contrôle antidopage en date du 8 septembre 2013. Sur l’instant, j’ai été complètement désemparé. Je ne connaissais même pas le nom de la substance mentionnée. J’en ai déduit qu’il ne pouvait s’agir que d’une grossière erreur et que le laboratoire d’analyse ne manquerait pas de me le confirmer. J’ai donc aussitôt sollicité une contre-expertise, dès le lundi 7 octobre, et choisi un expert agréé pour qu’il me représente et assiste à la seconde analyse sur l’échantillon B, ma présence n'étant pas indispensable. Puis, j’ai cherché à quoi correspondait cette substance sur internet et là j’ai ressenti une sorte de vertige. C’était en effet un anabolisant et à ce moment là, j’ai paniqué. Je me suis donc tout de suite informé sur ce produit dont je ne connaissais même pas le nom et sur tous les compléments alimentaires que j’avais utilisés afin de savoir si l’un d’entre-eux était susceptible de le renfermer. Surtout que je savais qu’il faut se méfier des compléments alimentaires aux Etats-Unis, où je séjourne souvent, qui peuvent contenir des produits interdits sans que le fabriquant l’indique clairement sur l’emballage et la notice. Ce qui est surprenant puisqu’ils sont en vente libre. Mes recherches n’ont rien révélées. J’ai également pensé à une contamination alimentaire, mais cela me paraissait aberrant, tellement je fais attention à ma nutrition. Et puis, je n’ai plus eu la moindre information sur l’évolution de ce dossier. J’en ai donc forcément déduit que la contre-expertise avait été négative et que l’affaire avait été classée sans suite, sans qu’il ait été utile de m’en aviser personnellement. J’ai fait le rapprochement avec le procédé qui est d’usage lors d’un contrôle antidopage. Si le résultat est négatif, le sportif n’en est jamais informé. C’est seulement quand il est positif qu’il l’est. A cette époque, je n’en ai donc parlé à personne. Mais, à la lecture de la décision de l’AFLD, j’ai découvert qu’il en avait été tout autrement. L'expert que j'avais choisi pour me représenter ne s'était pas déplacé au jour fixé pour la contre-expertise. De sorte que la contre-expertise sur l'échantillon B n'a jamais été réalisée. A ce titre, mon avocat m'a bien expliqué que les laboratoires ne sont pas infaillibles, qu'en l'absence de contre-expertise, l'acte de dopage ne peut être légalement caractérisé et que la présence dans mon organisme de la substance incriminée n’est donc pas biologiquement prouvée.
On entend dire aussi que tu étais suivi par le docteur Mabuse. Info ou intox ? Est-ce que ses « traitements » sont la cause de ton contrôle positif ?