Entrainé par Julien Pousson, lui même ancien triathlète et Marius de Castilla, le Cercle Performance se compose de 11 athlètes évoluant sur différents circuits : WTCS, les Lindhals Pro triathlon series, le circuit XTerra, IronMan, T100 ou encore SuperTri.
Pour la deuxième année, le Cercle a quitté la capitale des Alpes pour déposer ses valises à Alicante, durant 6 semaines.
On a pu découvrir le quotidien des ces athlètes et de leurs coachs durant cette première préparation de la saison.
2ᵉ année à Alicante : pourquoi cette destination en début de saison ? - Julien Pousson
« On a choisi Alicante pour plusieurs raisons.
D’abord le climat, très favorable à cette période.
Ensuite la logistique : certains athlètes viennent en voiture avec deux vélos (route & contre la montre), et comme on part six semaines, on voulait un endroit où l’on puisse vraiment se sentir "comme à la maison", tout en restant facilement accessible en cas de besoin grâce à la proximité de l’aéroport.
Les infrastructures sont aussi un vrai point fort : bassin de 50 m extérieur, plusieurs pistes d’athlétisme, et une vraie culture du sport en ville.
À vélo, on est proche de Calpe, où beaucoup d’équipes cyclistes professionnelles font leur stage hivernal : les automobilistes sont donc habitués et très respectueux des cyclistes.
Enfin, on avait été très bien accueillis la première année, donc revenir s’est imposé assez naturellement.»
Si on devait définir une journée type avec le Cercle Performance à Alicante, quelle serait-elle ? - Julien Pousson
« L'horaire de réveil est variable selon les athlètes, puis le premier petit déjeuner.
• 8h30 – 10h : séance de natation
• 10h – 11h : café en groupe, parfois un deuxième petit-déjeuner pour certains selon l’intensité de la séance suivante
• 11h – 14h : séance vélo
• 14h – 16h : déjeuner, sieste ou temps individuel (rendez-vous, récupération, moments sociaux, collation)
• 16h – 17h : séance de course à pied
• dans la soirée : Soins kiné, étirements, récupération, puis dîner
Le lendemain, ça recommence… mais pas forcément dans le même ordre. Les journées sont toujours organisées autour des entraînements et des repas, mais comme les programmes sont individualisés, tous les athlètes n’ont pas exactement la même journée.»
Quelle est la séance préférée du coach ? - Julien Pousson
« En ce moment, on aime bien les séances spécifiques "eau libre". On les travaille en piscine, puis en eau libre quand la température le permet.
On aime ces séances parce qu’elles combinent physique, technique et gestion émotionnelle. Il y a beaucoup d’échanges avec et entre les athlètes : c’est un compartiment très spécifique et parfois délicat à aborder, mais extrêmement riche. Et puis ce sont des séances partagées en groupe, ce qui renforce aussi la dynamique collective. »
Et les séances préférées des athlètes ?
Léo Ouabdesselam
« Les séances longues à pied autour du premier seuil. »
Il aime les formats type 4 × 10’ (récup 1’) dans une zone de fréquence cardiaque contrôlée. Un effort qu’il maîtrise bien, où il se sent à l’aise, tout en restant exigeant.
Sylvain Fridelance
« Les séances vélo en groupe, type critérium. »
Des formats stratégiques et tactiques, par exemple 4 × 8’ sur circuit technique (récup 5’), où l’intelligence de course compte autant que la puissance.
Dorian Coninx
« Les enchaînements longs vélo + course à pied en aérobie. »
Par exemple :
Vélo : 4 × 10’ autour du 1er seuil + 2’ autour du 2ᵉ seuil
Enchaîné à pied : 3 × 10’ autour du 1er seuil
Un travail précis, solide, qui prépare directement à la réalité de la compétition.
Yann Allichon
« Les enchaînements avec des blocs soutenus à vélo. »
Vélo avec intervalles longs autour du LT2, puis à pied : 2 × 2000 m + 2 × 1000 m progressifs.
Une séance exigeante, orientée performance pure.
Mathis Margirier
« Les enchaînements spécifiques half-distance. »
Sortie vélo seul, sous la chaleur, type :
2 × 40’ autour du 1er seuil à vélo
Enchaîné à pied : 2 × 2000 m (récup 1’) autour du 2ᵉ seuil
Une séance engagée, proche des exigences longue distance.
Pour terminer, si on devait exprimer le maître mot de ce stage, quel serait-il ?
« On a le temps, on prend le temps. »
« C’est une phrase que Jonas Schomburg nous avait dite lorsqu’il s’entraînait avec le groupe il y a quelques années.
On trouve qu’elle résume parfaitement l’état d’esprit du stage : l’environnement pousse à enchaîner les heures, mais on est encore loin des premières compétitions. Ça invite à construire, à être patient… et aussi à profiter du moment. »
Au-delà des kilomètres avalés et des séances millimétrées, ce stage à Alicante illustre parfaitement l’ADN du Cercle Performance : un collectif exigeant, structuré, mais profondément humain et passionné. Entre rigueur, individualisation des programmes et dynamique de groupe, chacun avance à son rythme vers ses objectifs, porté par l’énergie commune.
« On a le temps, on prend le temps » n’est pas seulement une devise : c’est une philosophie de travail qui privilégie la construction patiente, la cohésion et une part de plaisir indispensable à la performance. Une base solide, essentielle pour la suite de la saison.