Sam Laidlow, 23 ans, est arrivé sur les Championnats du monde Ironman de St George empreint de doutes, après un abandon deux semaines plus tôt sur l’Ironman Texas, et après un hiver à lutter contre une fracture du pied. Mais en terminant 8e, il a assuré sa qualification pour les Championnats du monde 2022, à Hawaii…
Recueilli par Luc Beurnaux - Photos Getty images
Sam, finalement, tu dois être pleinement satisfait de ce résultat, non ?
"Oui, Je suis globalement satisfait, surtout quand je repense qu’il y a 3-4 mois j’avais le pied cassé, que je ne savais pas où j’allais, ni comment j’allais aborder ces championnats du monde ! Mais cet épisode m’a appris beaucoup de choses. Notamment le fait que par le passé, je suis souvent arrivé sur-entraîné sur des objectifs, alors que là j’étais plutôt frais…"
Après ton abandon sur l’Ironman Texas deux semaines avant St George, as-tu douté ?
"Disons que faire un Ironman dévoile toujours des failles. Après le Texas, je savais que quelque chose n’allait pas. Ca m’a forcé à faire des analyses de sang plus poussées, à prendre plus de repos. A vrai dire, depuis que j’ai chopé le Covid, juste après le Challenge Salou 2022, je ne me suis jamais senti vraiment en pleine possession de mes moyens, même à St George. J’ai eu énormément de crampes très tôt dans la course. Mais pour en revenir au Texas, l’idée c’était de faire un Ironman pour faire des erreurs, afin de ne pas les reproduire sur les Championnats du monde…."
"Je suis allé sans attente particulière sur ces Championnats du monde Ironman" Sam Laidlow
Comment as-tu vécu ta course à St George ?
"C’était assez euphorisant de sortir devant de l’eau, et d’être dans le premier groupe en vélo. Mais j’y suis allé sans attente particulière suite au Texas, pas hyper confiant, en voulant seulement donner tout ce que j’avais le jour J. Au final, quand t’as pas trop d’attentes, tout ce qui se passe, c’est du bonus ! J’ai pourtant eu le pire début d’Ironman qui m’est jamais arrivé. C’était un départ très étroit dans l’eau, et sur les 100 premiers mètres, je me suit fait noyer, j’ai eu une crise de panique, mon cœur est monté à 200 pulsations, j’ai dû me mettre sur le dos pour me calmer…. Heureusement, j’ai pu remonter le pack pour sortir premier de l’eau, mais j’ai tout fait dans les pieds de Bakkegaard. Sur le vélo, on était 5, tous très motivés, avec un vrai sentiment de respect entre tous, et de collaboration. C’est assez rare pour le souligner ; souvent, il n’y a que 1 ou 2 athlètes qui font le boulot devant, là, c’était bien équilibré. Wurf et les autres ne sont pas revenus, du coup. Je n’ai pas voulu courir à ma manière habituelle, c’est-à-dire que je me suis retenu de partir devant à vélo, mais il faut dire que je luttais aussi contre les crampes. J’étais plus dans la gestion que d’habitude. Il fallait surmonter ces crampes en priorité plutôt que de faire le « fou » devant. Sur le marathon, j’étais moins confiant, il me manquait des bornes à pied, et ça a tenu 34-35km, puis il m’en a manqué sur la fin ; mais globalement il y a eu beaucoup de positif sur cette course ! Dans les 7 derniers kilomètres, beaucoup d’athlètes m’ont repris, mais c’est le jeu !"