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Mes paupières s’ouvrent sur une toile de tente d’un bleu passé. Vietnam, Kirghiztan, désert d’Abu Dhabi, c’est qu’elle en a connu des nuits étoilées aux quatre coins du monde ! Un petit mal de dos me tire de ma léthargie. Le sol est dur. Et on n’a plus vingt ans, surtout. De toute façon, je n’ai jamais trop goûté au camping. Sauf à 10 ans, dans le jardin des parents. Mais sur le triathlon de Roth, c’est une tradition, dans un circuit mondial de triathlon plus habitué aux cinq étoiles et aux paillettes. Ici, au fin fond de la Bavière, tout le monde, ou presque, est logé à cette enseigne. Le statut de journaliste ne « protège » de rien. Et surtout pas d’une nuit à la belle étoile. Mais c’est un choix. Poser sa tente, à la sauvage, au bord du canal, c’est s’immerger dans l’ambiance de Roth. Planter les sardines à proximité des camping-car rutilants de centaines de concurrents, c’est déjà se rapprocher du cœur de l’action. Car tout commence bien avant la course, à Roth, et notamment sur les berges de ce canal dans lequel, dans quelques heures, ils seront des milliers à s’élancer par vagues, au rythme des salves d’un canon digne de la Grosse Bertha. Les plus précautionneux auront réservé des mois avant une hypothétique chambre dans un hôtel de Nuremberg, à une demi-heure de route. Conquérir Roth, c’est accepter ces conditions parfois spartiates, après avoir accumulé des heures de route pour parvenir à ce village de 25 000 habitants, qui multiplie par 10 sa population le jour de l’épreuve.